Spaaro

« Je vais réfléchir » : la sortie polie, et comment ne pas la laisser passer

« Je vais réfléchir. »
Ce que ton interlocuteur vient de dire. Famille : le moment.

La réponse courte

« Je vais réfléchir » est rarement une intention de réfléchir. C'est la formule qui permet de mettre fin à l'échange sans dire non. Laisser passer, c'est accepter un refus déguisé en délai. La question utile ne demande pas quand, elle demande à quoi : réfléchir à quoi, précisément.

Pourquoi la réponse réflexe échoue

Le réflexe est de convenir d'une relance : « je vous rappelle vendredi ». On repart avec une date, donc avec l'impression d'un accord, et rien n'a été traité. Vendredi, la réponse sera la même ou il n'y aura pas de réponse. Une objection qu'on reporte n'a pas été traitée, elle a été rangée — et ce qui est rangé ne ressort pas.

Ça ne veut pas dire la même chose selon l’appel

Appel à froid

On ne te connaît pas. Tu déranges.

En appel à froid, c'est la fin polie de l'appel, et souvent c'est légitime : ton interlocuteur n'a rien à quoi réfléchir, il n'a rien vu. Insister ici abîme la relation pour rien. La seule chose à obtenir est un motif de rappel concret, pas un accord de principe.

Appel à froid : la trame complète

Setting

On a répondu à ton message, sans rien promettre.

En setting, elle signifie que le rendez-vous n'a pas assez de valeur pour l'agenda. Ce n'est pas ton offre qui est en cause, c'est ce que le rendez-vous promet. Redis ce qu'il va y trouver en une phrase, et propose un créneau précis plutôt qu'un « quand tu veux ».

Setting : la trame complète

Closing

Ton offre est vue. Il faut la signature.

En closing, c'est le refus le plus fréquent et le plus coûteux : tout est vu, tout est chiffré, et il reste un doute qu'on ne veut pas nommer. Là, il faut nommer à sa place, doucement — proposer les deux ou trois hésitations les plus probables, et laisser choisir.

Closing : la trame complète

Relance

« Je vais réfléchir » — deux semaines ont passé.

En relance, « je vais réfléchir » a déjà servi une fois, et c'est le signal qu'on tourne. La question n'est plus l'offre mais la décision : est-ce que c'est encore un sujet, oui ou non. Une réponse franche vaut mieux qu'un troisième délai.

Relance : la trame complète

Ce qu’il faut dire

  • « Réfléchir à quoi, précisément ? »

  • « Bien sûr. Il reste quelque chose qui n'est pas clair, ou c'est le moment qui ne va pas ? »

  • « D'accord. Si tu devais décider maintenant, ce serait plutôt oui ou plutôt non ? »

  • « Ce serait plus simple pour moi de savoir : c'est le prix, le calendrier, ou le fait que ce ne soit pas ta priorité ? »

Ce qu’il ne faut pas dire

  • Convenir d'une relance sans avoir nommé le doute — tu repars avec une date, pas avec une information.

  • Dire « je comprends, prenez votre temps » : c'est aimable, et ça enterre l'affaire.

  • Réciter à nouveau les bénéfices. Il a compris, ce n'est pas ça qui bloque.

  • Demander « quand est-ce que je peux vous rappeler ? » — la question porte sur le calendrier, or le problème n'y est pas.

Les questions qui reviennent

  • Est-ce qu'insister ne risque pas de braquer ?

    Poser une question ne braque pas. Ce qui braque, c'est de répéter un argument après un refus. « Réfléchir à quoi ? » demande une précision, ce qui est le contraire d'une relance.

  • Faut-il accepter un « je vais réfléchir » en fin de premier appel ?

    En appel à froid, oui — il n'y a rien à quoi réfléchir, et forcer coûte plus que ça ne rapporte. En closing, non : à ce stade c'est une objection non dite, et la laisser partir revient à perdre l'affaire en silence.

Celles qui tombent juste après

On en parle ailleurs

Sans compte

Le lire ne suffit pas. Il faut l’avoir dit.

Karine Delaunaya ton devis et deux minutes. Elle attaque sur le prix — « Écoutez, c'est un peu cher pour nous. ». 90 secondes pour lui répondre à voix haute, et tu récupères tes phrases exactes, à la seconde près.

Répondre à voix haute

Sans carte. Ton micro suffit.