Méthode
Le talk ratio : ce que ton temps de parole dit de ton appel
Le temps de parole affiché sur un relevé Spaaro est la part de l'appel pendant laquelle tu parlais : ta parole cumulée divisée par la durée de l'appel. Il n'entre pas dans le score. Il ne dit pas si tu as bien parlé — il dit combien de secondes tu as laissées à ton interlocuteur.
Ce que le calcul additionne, exactement
On prend tes prises de parole, une par une, et on additionne leur durée. Deux prises qui se chevauchent ne comptent qu'une fois : sans ça, une seconde parlée pourrait être comptée deux fois et le chiffre passerait au-dessus de cent pour cent. Le total est ensuite divisé par la durée de l'appel, et le résultat est affiché en pourcentage.
Il n'y a aucune appréciation là-dedans. C'est une division, elle est faite en code, et elle donne le même résultat sur le même appel autant de fois qu'on la relance. C'est aussi pour ça qu'elle est affichée à côté du score sans y entrer : le score vient des quatre critères, et de rien d'autre.
Le dénominateur est la durée de l'appel, pas la somme des deux temps de parole
Additionner ton temps de parole et celui de ton interlocuteur suppose qu'on mesure les deux avec la même précision. Ce n'est pas le cas : ton temps de parole est relevé sur ton micro, à la seconde où tu ouvres et fermes la bouche, celui d'en face est relevé autrement et ressort systématiquement un peu plus court. Un rapport entre les deux serait mécaniquement en ta faveur, et il bougerait d'un appel à l'autre sans que rien ne le signale.
La durée de l'appel, elle, est la même pour tout le monde et connue d'avance. Conséquence à comprendre avant de lire le chiffre : les cent pour cent restants ne sont pas le temps de parole de ton interlocuteur. C'est tout ce qui n'est pas toi — sa parole, les silences, les hésitations, le moment où personne ne dit rien.
Le seuil ne se lit pas dans une moyenne du métier, il se calcule sur ta durée
Aucun seuil n'est affiché dans le relevé, et il n'y en a pas d'universel. Ce qui existe, c'est une arithmétique, et elle se refait à la main en dix secondes. Prends la durée de ton appel, applique ton pourcentage, regarde ce qui reste.
Un appel à froid fait quatre-vingt-dix secondes. À soixante-quinze pour cent de temps de parole, tu laisses vingt-deux secondes à ton interlocuteur — sur la totalité de l'appel. Or le barème demande une question ouverte avant de contrer, ce qui suppose que la réponse à cette question tienne dans ces vingt-deux secondes, en plus de son objection et de sa dernière phrase. Elle n'y tient pas. Le seuil n'est pas un pourcentage, c'est le nombre de secondes qu'il reste pour répondre à ta question.
Sur un closing de trois minutes, le même soixante-quinze pour cent laisse quarante-cinq secondes. La contrainte se desserre, et le pourcentage acceptable monte avec la durée. C'est pour ça qu'un seuil unique, valable pour tous les appels, ne veut rien dire.
Fais le calcul en secondes, jamais en pourcentage seul.
Compare-toi à tes propres appels, pas à une norme du métier.
Un temps de parole bas ne prouve rien : se taire n'est pas écouter.
Ce que le chiffre ne dit pas
Il ne dit pas la qualité de ce que tu as dit, ni l'ordre dans lequel tu l'as dit. Deux appels au même temps de parole peuvent avoir un score de zéro et de soixante-quinze. Le chiffre est un plafond de faisabilité : au-delà d'un certain point, il devient arithmétiquement impossible d'avoir écouté quoi que ce soit, et c'est la seule chose qu'il démontre.
C'est aussi pour ça que le juge ne le reçoit pas. Un juge qui lit « temps de parole soixante-douze pour cent » avant de décider si tu as posé une question ne décide plus, il confirme.
Sans compte
Le lire ne suffit pas. Il faut l’avoir dit.
Karine Delaunaya ton devis et deux minutes. Elle attaque sur le prix — « Écoutez, c'est un peu cher pour nous. ». 90 secondes pour lui répondre à voix haute, et tu récupères tes phrases exactes, à la seconde près.
Répondre à voix hauteSans carte. Ton micro suffit.
